Devis accepté à l'oral : pourquoi « c'est bon, allez-y » ne suffit pas

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La scène, tous les artisans la connaissent. Vous êtes sur le chantier, le client regarde la tranchée et lâche : « Pendant que vous y êtes, prolongez jusqu'au portail. C'est bon, allez-y. » Vous y allez. Trois semaines plus tard, la facture part… et le téléphone sonne : « On n'avait jamais parlé de ça. »

Pas de devis signé, pas d'avenant : juste une parole donnée entre deux coups de pelle. Et c'est là que la loi française est brutale avec celui qui a fait le travail.

Au-dessus de 1 500 €, la parole ne vaut rien devant un tribunal

L'article 1359 du Code civil exige une preuve par écrit pour tout acte juridique portant sur une somme supérieure à un seuil fixé par décret — 1 500 € depuis le décret n° 2016-1278. Concrètement : si le client conteste, votre version des faits ne suffit pas. Sans écrit, le juge ne peut même pas entendre votre témoignage comme preuve de l'accord.

Un agrandissement de terrasse, une reprise de mur, dix mètres de tranchée en plus : presque tous les travaux supplémentaires du BTP dépassent ce seuil.

Au forfait, c'est encore pire : l'article 1793

Si votre marché est à forfait — un prix global convenu d'avance, le cas le plus courant pour les chantiers de construction — l'article 1793 du Code civil verrouille tout :

« [L'entrepreneur] ne peut demander aucune augmentation de prix […] si ces changements ou augmentations n'ont pas été autorisés par écrit, et le prix convenu avec le propriétaire. »

La jurisprudence applique ce texte sans état d'âme : des travaux supplémentaires réalisés, posés, indispensables — mais non autorisés par écrit — ne sont pas payés. Le « c'est bon, allez-y » du client sur le chantier n'a aucune valeur. Même un SMS approximatif est régulièrement jugé insuffisant quand le prix n'y figure pas.

Combien ça coûte vraiment

Pour une entreprise de 1 à 10 salariés, les travaux supplémentaires non facturés ou contestés représentent couramment 3 000 à 6 000 € par an. Pas à cause de clients malhonnêtes — la plupart sont de bonne foi. Mais entre le moment du « ok » verbal et la facture, le souvenir du périmètre change, surtout quand le montant surprend.

  • Le client se souvient d'un geste commercial, vous d'un avenant.
  • L'assurance ou le syndic exige un écrit que vous n'avez pas.
  • Relancer fâche : vous finissez par abandonner la somme pour garder le client.

La parade : faire signer AVANT de commencer, sans friction

La règle est simple : aucun travail supplémentaire ne démarre sans un écrit signé qui mentionne le prix. Le problème n'a jamais été la règle — c'est la friction. Sur un chantier, personne n'a une imprimante, et « je vous l'envoie ce soir » signifie souvent « jamais ».

C'est exactement ce que DirectDevis supprime : vous dictez l'avenant en vocal sur WhatsApp (« 10 mètres de tranchée en plus, 50 € le mètre »), le devis PDF est généré avec vos prix Pennylane, et le client le signe sur son téléphone, sur place, en moins de deux minutes. La signature électronique simple est reconnue par le règlement eIDAS et l'article 1367 du Code civil, et chaque signature embarque son certificat de preuve : horodatage, lien d'envoi, ouverture du document, adresse IP.

Le « c'est bon, allez-y » devient un document signé — avant le premier coup de pelle.